Les petits écureuils peuvent escalader de grands arbres

Little Squirrels (French)
Little Squirrels (French)

— AÏE !

— Merde !

Je ne sais pas lequel de nous deux était le plus surpris. D’après sa tête, l’autre gars était au moins aussi peu sûr que moi.

C’était un dimanche après-midi plutôt chargé à la salle de gym. À un moment – ne me demandez pas comment – comme je me relevais de mon banc d’haltères sans prêter attention autour de moi, j’avais réussi à me cogner le front contre un autre type qui était en train de faire de même sur le banc voisin. Tu parles d’une coïncidence !

Nous nous sommes frottés le front pendant une seconde, pas tout à fait certains de savoir à qui revenait la faute. Puis il a éclaté de rire.

Nous ne nous étions jamais rencontrés, avant cette rencontre musclée – littéralement – dans la salle de gym. Certains, quand ils sont focalisés sur leurs exercices et leurs programmes, ne répondent pas avec autant de grâce à ce genre d’incident, mais lui se contenta de rire, et je suppose que c’était réellement drôle. Son rire était communicatif et je me mis à rire à mon tour, ce qui ne m’arrivait pas souvent ces derniers temps.

Quand il se leva – cette fois ci en épargnant ma tête – et s’excusa, je remarquai qu’il était grand. Vraiment grand. Je veux dire, vraiment, vraiment grand. Remarquablement grand. D’accord, ce n’était peut-être pas le Géant Vert, mais il était si grand que même debout, pour pouvoir le regarder dans les yeux, il me fallait pencher un peu la tête en arrière. Et je ne suis pas précisément petit. Je fais un mètre soixante-dix, ce qui n’est pas très loin de la normale. Et à mon avis, il culminait aux alentours d’un mètre quatre-vingt-dix ou quinze, voire même deux mètres. Peu importait, il faisait de toute façon trente bons centimètres de plus que moi. Et je devais me dévisser le cou pour pouvoir lui parler, mais l’effort en valait la peine.

Nos excuses simultanées terminées, nous avons continué notre programme chacun de notre côté. Je n’en avais rien pensé de plus à ce moment-là puisque je me trouvais dans mon espace mental de prédilection pour pouvoir travailler mon propre programme. J’avais vaguement remarqué qu’il était plutôt pas mal. N’étant, pour ma part, pas vraiment ce qu’on pourrait appeler un ‘canon’, je me trouvais largement hors de sa portée. Très largement même.

Imaginez donc ma surprise quand, après ma séance de muscu, alors que je me changeais dans les vestiaires sans prêter attention à personne… (Je sais, je sais, mais pour une fois c’était vrai) Monsieur Grand, Beau et Ténébreux est venu ouvrir le casier à côté du mien. Je ne me souviens pas qui a dit quoi au départ, mais nous nous sommes rapidement engagés dans une conversation aussi naturelle qu’agréable entre deux parfaits inconnus dans un vestiaire de salle de gym. Je crois que c’est lui qui a fait remarquer la parfaite improbabilité que nos casiers soient voisins après avoir fait connaissance aussi violemment dans la salle un peu plus tôt. Le sujet n’était pas passionnant au point de faire une vraie conversation, alors il a adroitement dévié.

Dans toutes les salles du centre, nous disposons d’écrans de télé branchés sur CNN afin de pouvoir nous muscler tout en écoutant notre président discuter des problèmes économiques du pays. Il semblait que nous en ayons des différents chaque semaine, ces derniers temps. Je les avais écoutés d’une oreille distraite et mon voisin de casier aussi, visiblement.

L’immense gars à côté de moi connaissait parfaitement les évènements politiques récents. Il fit quelques observations, me posa des questions et exprima son opinion sur les problèmes dont avait parlé le président qui était bien loin des informations imprécises que nous avions entendues à la télé, et qui montrait qu’il connaissait le sujet sur le bout des doigts. Ou alors que c’était un menteur très talentueux. Pour ma part, j’étais plus en faveur d’un esprit fin et très informé.

Et son sourire. Oh, mon Dieu ! Ce sourire. Son visage – là-haut – était si animé. Tant de personnes se battent pour afficher un masque de neutralité, de solitude et même d’ennui quand ils sont en public. Il y a quelque chose chez nous, les hommes, qui nous terrifie à l’idée de révéler un peu de nous-mêmes aux gens que nous ne connaissons pas, et parfois à ceux que nous connaissons aussi.

Mais pas lui. Non. Absolument pas. Il ne portait aucun masque, excepté un masque de plaisir. Alors qu’il parlait, son visage était le point principal de la conversation. Et il exsudait tant d’énergie. C’était positivement contagieux à ce point-là. C’était un maître dans l’art de l’expression faciale. Et au fait, est-ce que j’ai parlé de son sourire ? Oh, ce sourire !

J’ai fait de mon mieux pour rester concentré sur la conversation, même si j’étais distrait par son sourire et sa gentillesse. Il était adorablement mignon. Non, beau. Non, mignon était bien aussi. Comment pouvait-on être mignon et beau en même temps ? Moi, j’en sais rien, mais lui le maîtrisait parfaitement.

Quand il passa son tee-shirt par-dessus sa tête, je lançai un regard rapide pour admirer son physique. Chouette. Grand et mince, élancé mais pas squelettique, oh que non ! Il semblait avoir le poids parfait pour sa taille. Je sais que ça semble stupide, mais ça lui allait bien. Il n’était pas en surpoids, ni trop maigre. Il n’était pas outrageusement musclé. Pas le genre à se piquer aux stéroïdes. Il était juste…eh bien, bien.

Son torse était dépourvu de poils et luisait d’une fine couche de transpiration. D’accord, reste concentré. C’est ça. Enlève tes yeux de ses tétons. Ces tétons érigés. Non ! Concentre-toi ! Son visage ! Fais attention ! Oh, ce visage. D’accord, ça ne marche pas du tout. Il parle. Tu devrais essayer de prêter attention à ce qu’il dit. Tout de suite !

Pense à un carambolage sur l’autoroute, vieux, me dis-je pour essayer de rediriger mon attention sur le charmant inconnu qui me faisait face et éviter d’avoir l’air d’un imbécile. Je parvins à suivre la conversation et réussis même à lui arracher quelques rires en soulignant des points stupides.

Il utilisa son tee-shirt pour essuyer la sueur sur son torse et ses aisselles avant de le jeter négligemment dans son casier. Je voulais ce tee-shirt. Y plonger mon nez et me repaître de son odeur si masculine et affolante. Si j’avais pu, j’aurais piqué ce tee-shirt et l’aurais enfoui au fond de mon sac pour m’en servir de catalyseur quand je me masturberais, plus tard ce soir-là.

Ça devint plus facile quand il s’assit sur le banc et délaça ses chaussures pour les enlever ainsi que ses chaussettes. Waouh, grands pieds, pensai-je. Avec le recul, je me dis que j’aurais dû m’y attendre. C’était stupide de ne pas y avoir songé avant, mais j’étais troublé. Je dois l’admettre.

Sans y attacher la moindre attention, mon bel inconnu tira sur le lacet de son long short de gym. Le vêtement glissa le long de ses jambes et tomba en tas à ses pieds. Sans me demander la permission, mes yeux se posèrent sur la chair nouvellement dévoilée. Son short lui arrivait quasiment aux genoux et comme il avait de très longues jambes… Ouais, eh bien vous comprenez ce que je veux dire. Et il y avait soudain tout ça, laissé à mon appréciation. Ses jambes étaient couvertes d’un léger duvet brun qui rajoutait une note de masculinité parfaite. Oh, j’étais en train de me perdre. Complètement.

Concentre-toi ! m’intimai-je, essayant de nouveau de visualiser un carambolage monstrueux sur l’autoroute, douze voitures au moins. Des flammes qui s’élevaient dans le ciel. Des camions-citernes qui explosaient. Le chaos de partout. Du verre cassé. Du sang. Des tripes. C’était gore à présent. Ça fonctionnait. J’allais pouvoir y arriver. Oh, non ! gémit la voix dans ma tête, quand mon inconnu se retourna pour prendre quelque chose dans son casier et me présenta le plus joli derrière d’homme que j’avais jamais vu de ma vie.

— Maman… dis-je à mi-voix.

La façon dont son jockstrap encadrait ses fesses me fit pratiquement haleter comme un chien en rut. Je pense que j’ai même légèrement gémi, au point où j’en étais, mais il ne m’a pas entendu, visiblement.

D’accord, j’allais me reprendre et y arriver. On respire et on pense à autre chose. Inspire. Et merde !

L’espoir fort mince que j’avais eu de me comporter comme un adulte responsable fondit comme neige au soleil quand il engagea ses doigts dans les élastiques de son sous-vêtement et le fit descendre. Et quand il le fit, son sexe apparut devant mes yeux et je fus incapable de détourner le regard. J’étais comme hypnotisé.

L’homme ne sembla pas y prêter attention. Moi, j’y prêtais attention. Il se tourna et lança le jockstrap dans le casier. Quand il se tourna de nouveau vers moi, il était toujours aussi nu et visiblement se fichait complètement que je le regarde. C’était évident que ce mec n’avait pas de complexes, absolument aucun. Il était bien dans sa peau. Et quelle peau…

Et puis ça arriva d’un coup. Il était en train de me parler, toujours aussi passionnément à propos de je ne sais plus quoi… impossible de me concentrer sur ses paroles. Sa main descendit vers ses parties intimes et il se gratta légèrement, juste au-dessus de ses bourses et derrière sa verge qu’il écarta. Il tira enfin négligemment sur son sexe pour lui rendre un peu d’espace après avoir été comprimé dans le jockstrap. Le tout sans cesser de me parler. Il devait penser soit que (A) j’étais complètement idiot, (B) j’étais un obsédé sexuel et que j’allais lui sauter dessus, ou (C) j’étais réellement en train de prêter attention à ce qu’il me disait plutôt que de mater son corps.

Et son sexe. Est-ce que j’ai parlé de son sexe ?

Bon, il faut se dire que tous les mecs ont un sexe. J’ai traîné dans assez de salles de gym pour l’avoir constaté. Ça, plus le fait que j’avais dédié ma vie à étudier les pénis sous toutes leurs formes. Pénis et Compagnie aurait pu être ma raison sociale. Compagnie me désignant dans ce cas précis.

Les sexes. Je les adorais. Je n’en avais jamais assez. Et comment ne pas les aimer ? Ils étaient constants dans leur apparence et dans leur comportement. Oh, oui, j’adorais ces coquins. Et puis, il y avait celui-là. Je frissonnai. Est-ce que je vais avoir un orgasme ? Oh, merde ! Non ! Respire !

Allez, vas-y, tu peux y arriver ! Tu vas y arriver ! Fais un effort ! m’intimai-je avec le peu de self-control qu’il me restait. Mais il restait là, à jouer avec ses lourdes bourses tout en continuant à me parler. Je veux dire, vraiment ? Qui peut parler politique présidentielle tout en repoussant ses testicules couverts de sueur de son pénis ? Eh bien, lui, visiblement. Lui et personne d’autre ! Et il le faisait avec une maîtrise indéniable. Et moi je n’en avais pas beaucoup. De maîtrise. J’étais à deux doigts de l’hyperventilation. C’est moi qui étais à deux secondes de me laisser tomber à genoux devant lui et de prendre son délectable membre dans ma bouche. Et souvenez-vous, en tant que professeur assermenté en Pénis, j’en connaissais un rayon et celui-ci était particulièrement délectable. J’étais un épicurien des érections, un dévot des pénis. J’ai dédié ma vie à la vénération du sexe masculin. Et celui-ci était remarquable.

Le sexe de cet homme hurlait la perfection. Du bout du gland circoncis à la courbure de sa longueur dont la base se perdait dans une toison brune qui n’attendait qu’une langue aventureuse pour aller s’y perdre et y tracer des dédales de salive. Et ses larges et lourds testicules qui pendaient bas. Si quelqu’un devait écrire un bouquin au sujet du plus beau pénis du monde, j’avais trouvé le modèle parfait pour poser sur la couverture. Arrêtez les castings, nous avons un gagnant !

Mon nouvel ami semblait avoir un sexe parfaitement proportionné par rapport à son corps. En d’autres mots, il était conséquent. Il y avait de quoi déguster à mon avis. Ce qui me conduisit au débat suivant dans mon esprit entre la simple décence et respectabilité ou alors le gober comme un affamé afin de tester mon hypothèse et voir si je pouvais le faire entrer en entier dans ma bouche ou pas. Des données ! J’avais besoin de nouvelles données ! Mais je me disais aussi que je devais faire attention à mes dents. La logique me disait que me mettre à genoux et sucer le sexe de cet homme – sans y être expressément invité, dans un vestiaire plein d’une majorité d’hétéros pur jus – n’était pas en faveur de mes dents ni de mon intégrité physique, d’ailleurs. J’avais de fortes chances d’y laisser ma peau. Mais quelle façon de partir en beauté ! Je mourrai avec un sourire édenté aux lèvres.

Je ne sais pas comment, mais je réussis à garder un visage neutre. Je n’ai jamais joué au poker de toute ma vie et je n’étais certainement pas connu pour mon calme et ma froideur. Mais je réussis à faire du bon boulot cette fois-ci, parce que ce mec continuait à me parler et à rire, tout en continuant à gratter ses putains de bourses ! Est-ce qu’il essayait de me tuer ? Sans déconner ! Enlève au moins ta main de tes bijoux de famille, mon gars !

J’avais les yeux rivés sur ses tétons érigés ; j’étais nettement moins timide à l’idée de mater son torse à présent. Puisqu’il était si grand, il était logique qu’ils soient plus ou moins au niveau de mes yeux. De plus, je devais être prudent. Ils étaient tellement érigés que j’aurais pu me crever un œil. Il fallait que je les surveille attentivement. Ça, ou mettre des bandes de signalisation, ou bien des cônes oranges, un truc, n’importe lequel, pour protéger les passants innocents.

C’est à ce moment-là que j’ai commencé à croire en une présence céleste. Oui, j’étais prêt à me laisser tomber à genoux et à vénérer… Oups, j’ai déraillé. Céleste, pas sexe. Oui. D’accord. Retour à la case départ. J’en suis venu à croire en un dieu quelconque parce que – vous êtes prêts à entendre ça ? – parce que je réussis à parler à peu près intelligemment. Enfin, je veux dire que j’arrivai à comprendre ce que me disait mon inconnu et à mettre deux des neurones qui me restaient en contact – pas ceux nécessaire pour une érection, les autres – sans compter de me souvenir de ce que j’avais lu quelque part. Et je réussis également à faire fonctionner mes lèvres pour former des mots. Oh, ce que je pourrais faire avec mes lèvres…

 

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